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Embarquement immediat

Embarquement immédiat !

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… pour un voyage sidéral dans le ciel profond, commençant à près de 50 millions d’années-lumière,

et se terminant aux environs du système solaire et de Vénus

Jean-Pierre Bonnefoy – 25 juillet 2023

C’est un voyage imaginaire, parce qu’en raison des propriétés de l’espace-temps reposant sur les théories des relativités restreinte et générale d’Einstein, il est impossible à faire dans la réalité.

Mais comme dans le rêve tout devient possible, alors embarquons à bord d’un vaisseau spatial photonique pour un voyage autant sidéral que sidérant !

L’unique objectif de ce voyage, donc onirique et un brin loufoque, est de montrer combien le ciel profond peut être structuré en différentes contrées imbriquées les unes dans les autres.

Le voyage commence au-delà de que l’on appelle le « Groupe local ».
Le groupe local est constitué d’une soixantaine de galaxies contenues dans une sphère de 5 millions d’années-lumière (a.l.) de rayon, centrée sur le système solaire. Il comprend quelques galaxies de tailles importantes et beaucoup de naines.

Notre vaisseau spatial est en approche du groupe local à environ 50 millions d’a.l. quelque part au niveau d’une sphère dont la trace dans le plan est représentée par le grand cercle en pointillés jaunes.

 

Bien évidemment il s’agit d’un montage plutôt naïf, car si toutes les petites galaxies (qui sont bien issues d’images réalisées à Tahiti) devaient avoir une taille en rapport avec les dimensions de ce cercle, elles seraient tellement minuscules qu’elles seraient totalement invisibles !

Dites-vous alors que c’est une simple carte touristique vous permettant de savoir, en gros, où vous diriger pour visiter, par exemple, la galaxie du Tourbillon – M51 – avant celle du Sombrero – M104.

Vous avez compris que le système solaire, but de votre voyage, se trouve au centre de l’image, et que de la Terre les deux lignes rouges indiquent les directions de deux étoiles remarquables : Véga et Sirius.

Après avoir visité M51 et M104, en franchissant le second cercle en pointillés jaune à 5 millions d’a.l., vous pénétrez dans le groupe local. Et là, vous voyez surtout 4 galaxies principales (images réelles) plus l’image simulée de notre Voie lactée, que l’on ne peut pas prendre en photo depuis la Terre, sauf dans ce rêve, alors ajustez bien votre smartphone sur l’espèce d’oeuf sur le plat, tout en haut à gauche, c’est notre Voie lactée telle qu’on peut l’imaginer, avec nous dedans, à environ 26 000 a.l. du centre.

Tous les petits nuages alentour représentent des galaxies naines, évidemment peu visibles.

Dessous la Voie lactée, le Grand puis le Petit Nuage de Magellan, respectivement à 160 000 et 200 000 a.l.. En bas à droite de l’image notre belle voisine, la galaxie d’Andromède à 2,54 millions d’a.l. et juste dessous, la galaxie du triangle à 2,57 millions d’a.l..

On remarque que la Voie lactée possède deux galaxies satellites, les Nuages de Magellan, tout comme la galaxie d’Andromède qui possède également deux petites galaxies satellites… et comme la galaxie récente NGC6744 n’appartenant pas au groupe local qui elle aussi a une petite galaxie satellite.

Une fois entré dans le groupe local, vous vous dirigez vers le Petit Nuage de Magellan et vous finissez par en distinguer les détails, 3 milliards d’étoiles quand même !

Et dans les hauteurs de l’image, deux grandes nébulosités dont la couleur bleue traduit l’extrême jeunesse de multiples astres en formation.

C’est là que vous dites qu’en fait, si vous aviez visité NGC6744, vous auriez pu admirer les millions d’étoiles constituant sa petite galaxie satellite située dans le rond bleu ! Tout ça c’est un peu la même chose d’un point de vue structurel. Finalement une petite galaxie satellite irrégulière, ici ou là, c’est pareil !

Donc vous dirigez votre vaisseau vers le Petit Nuage de Magellan en pensant avec juste raison que son champ d’étoiles doit être assez représentatif de ce que vous auriez vu en vous rapprochant de la petite galaxie satellite de NGC6744, un peu trop éloignée maintenant.

Et là… l’erreur !
Le document du Tour Opérateur Deep Sky est erroné, car la carte n’est pas le terrain ! En effet, vous savez très bien qu’en réalité l’amas d’étoiles globulaires du Centaure est situé dans notre galaxie et donc que l’image du dépliant est une vue prise de la Terre, observation que vous ne pouvez pas encore faire puisque vous vous situez d’après votre GPS galactique juste à côté du Petit Nuage de Magellan où on ne peut pas considérer cet amas d’étoiles comme étant à proximité. De fait, l’amas globulaire et le Petit Nuage semblent proches, mais cela résulte de leur alignement apparent dans le ciel de la Terre, car en réalité le Petit nuage est à 200 000 a.l. de la Terre et l’amas globulaire à seulement 16 000 a.l..

 

C’est alors que vous remarquez que la visite de cet amas vaut le détour. Pourquoi ? Mais c’est un objet extraordinaire ! Vous découvrez dans le dépliant qu’il s’agit en réalité du noyau d’une ancienne petite galaxie qui a été cannibalisée par la Voie lactée ! Ses 10 millions d’étoiles représentent le cadavre d’une petite galaxie ayant été avalée par le champ gravitationnel de la Voie lactée !

L’objet mérite le détour. Direction les abords de la Voie lactée, cap sur l’amas, la vision proche d’Oméga du Centaure est tout simplement prodigieuse !

Seulement voilà, les réserves d’énergie baissent. Dommage, un zoom puissant sur l’une de ses 10 millions d’étoiles aurait été instructif… mais au fait, les étoiles d’Oméga du Centaure montrent avec leur couleur principalement jaune qu’elles ne sont plus très jeunes… un peu comme le Soleil en fait qui a aux environs de 5 milliards d’années.

Alors gros plan sur une étoile de cet amas ou gros plan carrément sur le Soleil ? En première approximation quelle différence y a-t-il entre deux étoiles jaunes du même âge ?

Pas grand-chose…

Et là, vous vous dites : « Ce n’est pas vrai, ils l’ont fait exprès ! C’est une photo du Soleil prise le 5 juin 2012, très exactement à 15h 35’ ! ».
Pourquoi cette date et cette heure précises ?
Et en regardant mieux, il n’y a aucun doute, le petit rond noir en bas du disque solaire… c’est Vénus !

Alors là, ils ont fait très fort ! Tout ce voyage pour finalement tomber sur ce rendez-vous extraordinaire : le passage de Vénus sur le disque du Soleil !

Au fait, Vénus est une planète intérieure. Plus proche du Soleil que ne l’est la Terre, cela veut dire… voyons voir à la fin du document… la photo est bien là, on voit parfaitement le croissant de Vénus. Le croissant de Vénus ? Eh oui, on voit les phases des différents quartiers de cette planète. Comme la Lune, Vénus se montre avec différentes phases.

Voici par exemple une image de Vénus capturée à Tahiti le 12 décembre 2021. La couleur laiteuse du croissant, comme les irisations sur ses bords, traduisent la présence d’une atmosphère.

Autre image où Vénus est dans une configuration gibbeuse juste à côté de Jupiter. Tahiti, le 5 juin 2022.

 

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Conclusion

Structuration de l’univers à grande échelle

On peut considérer l’univers comme principalement formé d’amas de superamas de galaxies se répartissant le long de filaments.

Voici par exemple une minuscule partie de notre univers. Bien entendu, cette image ne représente qu’un plan minuscule le traversant. Les cercles et les ovales sont en fait les traces dans ce plan de volume 3D.

Dans ces volumes, l’espace-temps est plus ou moins courbé par toutes les masses et les énergies en présence suivant les équations d’Einstein de la théorie de la relativité générale.

Le cercle en jaune continu est notre région essentiellement constituée d’amas de galaxies. Elle se nomme LANIAKEA, signifiant « Horizon céleste immense » en hawaïen. Son diamètre est estimé à 500 millions d’années-lumière. Elle contient l’équivalent de cent millions de milliards de masses solaires.

Les cercles en pointillés représentent de multiples régions entourant la nôtre.

Dans toutes ces régions, les amas de galaxies convergent gravitationnellement vers une zone appelée « attracteur ».

Toutes ces régions ont tendance à se répartir le long de filaments, gros pointillés jaunes.

De part et d’autre, de grands vides structurent l’ensemble en repoussant les régions, ovales en violet.

 

 

 

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